Chaque action de l’Institut Don Bosco, chaque projet, est le prolongement d’une aventure commencée au XIXe siècle, quand l’abbé Moreau décide de tracer de nouveaux horizons pour ceux « dont personne ne s’occupe ».
Notre histoire
La création de l’orphelinat agricole
Une réponse à
un besoin grandissant
Dans les rues de Bordeaux, loin de son Périgord natal, Alexandre Moreau est témoin de la vie des familles ouvrières. En 1856, une épidémie frappe la ville, suivie de près par un hiver particulièrement dur. Bien qu’inadapté, l’hospice accueille une vague d’orphelins.
D’un esprit singulier, l’abbé Moreau avait esquissé l’idée inédite d’une école primaire conjuguée à une colonie agricole.
Face à cette situation, la réalité prit une forme un peu différente.
Pour poser les premières pierres de son projet, il convainc 4 Sœurs Agricoles de la Sainte Famille de Bordeaux de rejoindre son œuvre.
Le 16 novembre 1858, l’orphelinat agricole voit le jour à Gradignan, sur le domaine de Gaston-Monjous. Des orphelins arrivant du Sud-Ouest et de la région parisienne deviennent alors les premiers pensionnaires de ce lieu de 50 hectares dédié aux jeunes
Je souhaite rassembler de vrais orphelins pauvres et en faire des agriculteurs
De l’œuvre
à la colonie agricole
Soutenu par la charité publique, l’œuvre prend de l’ampleur et dès 1863, elle accueille aussi les garçons abandonnés ou délinquants. L’abbé Moreau voyage régulièrement, notamment à Paris, où ses prêches résonnent si bien que la capitale finit par envoyer davantage d’enfants que la Gironde elle-même.
Mais dans un contexte législatif qui tend vers la laïcité, l’institution doit s’adapter. En 1881, l’œuvre devient la propriété des actionnaires de la Colonie agricole et horticole de Gaston Monjous, fraîchement transformée en société civile.
Les cours gagnent en importance et grâce à l’exploitation agricole, qui devient un outil pédagogique à part entière, l’institution se tourne naturellement vers l’apprentissage comme méthode d’enseignement.
Au maximum de ses capacités, l’établissement accueille jusqu’à 230 “colons” dont 60 sont placés chez des agriculteurs de la région.
Enseigner et cultiver, éclairer et récolter, les 50 hectares du domaine servent à la fois la formation des jeunes et le bon fonctionnement de la colonie. Pour faciliter leur gestion, ils sont divisés en 4 parcelles et confiés à des familles d’agriculteurs. Un responsable est nommé pour chacune d’elle, portant le rôle d’exploitant mais aussi, et surtout, d’éducateur.
Jardins, champs, vignes et élevage bovin rythment le quotidien des “colons” et la vie collective bat son plein. Tous les jours, enfants et agriculteurs prennent le “chemin du bout du monde à Gaston”, direction le marché des Capucins pour vendre fruits, légumes, œufs et volailles. S’ajoutent aux produits fermiers une quarantaine de barriques de Graves produites chaque année.
L’arrivée
des Salésiens
En 1897, l’abbé Lagrave prend la direction de la colonie et cherche à confier l’œuvre à la congrégation salésienne. Tournée vers la formation des jeunes, elle perpétue la démarche pédagogique de Jean Bosco : un enseignement fondé sur la confiance, la prévention, l’encouragement et l’épanouissement.
En 1933, les échanges de l’abbé avec la congrégation portent leurs fruits. Après la visite des supérieurs des provinces de Marseille et de Bordeaux, les Salésiens prennent sous leur aile l’orphelinat agricole. Ils le transforment alors en centre d’apprentissage professionnel.
Une nouvelle
pédagogie
La rentrée est marquée par l’ouverture des premiers cours d’agriculture. Un enseignant y consacre son temps et un ingénieur agronome vient chaque semaine dispenser ses connaissances. Les premiers examens d’aptitude voient le jour.
Le principe de la pédagogie des Salésiens est simple : l’enfant doit toujours être occupé. Le sport et les jeux collectifs rythment désormais les récréations. Les journées des apprentis s’équilibrent entre travaux manuels, cours d’instruction générale, heures d’étude, promenades, fêtes et activités culturelles. L’escouade disparaît au profit des classes de niveau où l’apprentissage occupe une place centrale.
Des journées bien remplies
Une vie culturelle
et festive
La direction organise des sorties et multiplie les initiatives. Dans les années 1930, le cinéma muet s’invite dans l’établissement, offrant aux jeunes comme aux habitants du voisinage des projections hebdomadaires. L’orchestre et la chorale de l’institution acquièrent rapidement une réputation régionale et se produisent lors de nombreuses manifestations. La kermesse annuelle, rendez-vous très attendu au Grand Hôtel de Bordeaux, associe concerts, pièces de théâtre et vente de charité.
Même les vacances se font une place dans le programme : Don Bosco considérait la détente comme essentielle, surtout lorsqu’elle permettait de rompre avec le quotidien. Les ventes aux enchères et les donations de la bourgeoisie bordelaise assurent le financement d’une œuvre qui reste alors entièrement privée.
Musique, théâtre, cinéma, fêtes et loisirs éveillent la sensibilité des jeunes et le goût de la beauté. La formation est complète : intellectuelle, manuelle et humaine.
Un nouvel élan
L’ère salésienne donne fière allure au centre et sa réputation rayonne dans tout le Sud-Ouest. De nombreux jeunes deviennent agriculteurs ou marins, les productions agricoles sont reconnues pour leur excellence et sous l’impulsion de personnalités comme Jean Bertrand, responsable exploitant dans la colonie, le centre remporte son lot de prix aux concours d’élevage.
L’hôpital Saint-André reçoit chaque matin des produits frais de la propriété, l’excédent rejoignant le marché des Capucins.
Et la vie suit ainsi son cours pendant plusieurs décennies.
L’évolution
d’après-guerre
Pendant la Seconde Guerre mondiale, une partie importante du personnel est mobilisée. L’exploitation agricole permet néanmoins aux jeunes de se nourrir pendant le conflit.
La paix revenue, l’établissement crée une association déclarée comme centre d’apprentissage. La colonie agricole et ses dépendances lui sont données en location. Dans le même temps, le paysage social évolue : l’État prend une place croissante dans l’aide à l’enfance.
Diversification
et innovations
Cette nouvelle orientation permet de préserver l’esprit initial tout en diversifiant les formations. En 1957, le centenaire de l’établissement est célébré par une grande fête réunissant jeunes, anciens et donateurs. 2 ans plus tard, une section d’Institut Médico-Pédagogique ouvre ses portes, rassemblant psychiatres, psychologues et éducateurs spécialisés : une véritable innovation.
Les années 1960 voient la création successive d’un centre d’apprentissage, d’une école élémentaire spécialisée et d’une école technique. Le Centre agricole amorce une deuxième mutation : il devient l’Association Saint François-Xavier Don Bosco, obtient des habilitations ministérielles et locales, recrute des éducateurs spécialisés, des psychologues et des personnels médico-sociaux. La gestion passe progressivement à une équipe laïque.
En 1970, l’association Saint François-Xavier marque un tournant : elle prend le relais des Salésiens, qui conservent une place au Conseil d’administration. La tradition de Don Bosco se poursuit, enrichie par les sciences humaines.
Une mission
toujours actuelle
Au fil du temps, l’association adapte ses actions aux profils des jeunes accueillis et aux besoins de la société. Forte d’un siècle et demi d’expérience et profondément attachée à son territoire, elle poursuit son engagement : accompagner les jeunes, leur offrir des moyens, des conseils et une oreille attentive pour atteindre une intégration sociale et professionnelle réussie.
Pourquoi
dit-on “Salésiens” ?
La Congrégation des Salésiens a vu le jour à Turin en 1859, sous l’impulsion de Jean Bosco. Le choix du nom de « Salésiens » lui revient et fait référence à Saint François de Sales, l’apôtre de la douceur. Don Bosco voyait dans ses qualités – bienveillance, patience et calme – le cœur même de la pédagogie qu’il voulait transmettre.
Qui est
Jean Bosco ?
Jean Bosco naît le 16 août 1815 près de Turin. À seulement 9 ans, un songe le bouleverse et trace la voie de sa vie : il sera éducateur et prêtre, au service des jeunes. Enfant, il amuse déjà les garçons de son village en jouant les acrobates, trouvant dans le jeu une manière saine de canaliser leurs énergies.
Adulte, il se consacre aux jeunes ouvriers de Turin et crée pour eux des lieux de loisirs, d’accueil et de formation. Très vite, on reconnaît en lui un éducateur hors pair, dont la pédagogie se fonde sur une vigilance bienveillante, toujours empreinte de joie et d’une étonnante liberté pour l’époque.
Ainsi, Jean Bosco invente une éducation fondée sur la douceur, la confiance et la bienveillance.
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